27.01.2007

Platini président

Enfin une victoire française en football. Cela faisait quelques années maintenant que le foot français n’avait rien gagné, pas plus que les sports collectifs d’ailleurs. Depuis l’historique doublé Mondial de juillet 1998 et championnat d’Europe 2000, rien. Le désert.


Fiasco à la coupe du monde 2002, re-fiasco au championnat d’Europe 2004, et une belle mais frustrante finale lors du dernier Mondial en Allemagne. Ne parlons pas des clubs, la ligue des champions brille toujours à l’extérieur de nos frontières. Et Lyon qui promet beaucoup, ne dépasse donc jamais les quart de finale. Alors forcément, l’élection de Platini, 51 ans, à la tête de l’UEFA, le toit de l’Europe footballistique, fait très plaisir. D’abord parce que c’est lui… Il fut l’un des premiers à nous faire croire qu’on pouvait gagner en football. Après les déroutes françaises des années 70, l’humiliation de la finale de Coupe des champions perdue par Saint-Etienne en 1976 contre les teutons du Bayern, Platini a tout rendu possible. Il gagne le premier titre pour la France en 1984, chez nous certes, au Parc des Princes, mais quand même. Ensuite, avec la Juventus de Turin, il prouve qu’un Français peut s’expatrier avec réussite, autrement qu’en vendant de la « french baguette » ou en faisant la cuisine à New York ou Miami. Il ouvre la voie aux suivants, Deschamps, Zidane, Henry, qui gagneront sa Coupe du monde à Paris, puisque c’est Platini qui l’a organisé.

Devenir président de l’UEFA, avec le soutien des petits pays, contre l’establishment (même s’il ne faut pas exagérer, Platini n’a rien d’un Che du ballon rond, il a toujours fait partie de l’establishment), contre Johansson et ses millions d’euros déversés sur toutes les fédérations, contre une certaine idée du foot symbolisée par le G14…voilà qui montre que les anciens joueurs gardent une aura et un charisme que n’aura jamais le directeur administratif issu de l’ENA. Platini va-t-il réformer ? Pourra-t-il imposer ses idées à une administration par définition frileuse face aux millions du business ? On verra, mais pour l’instant, savourons cette victoire. Elles restent si rares en foot… D.A.

A lire aujourd'hui: le papier dans Libé, mais rien dans l'Equipe, qui décidément n'a rien compris au Web et continue de privilégier ces lecteurs "papier".