18.04.2007

Massacre sur un campus

Le massacre de Virginia Tech restera à jamais dans les mémoires. Cet acte dément, trente-trois étudiants et professeurs tués par un maniaque armé de deux armes de poing, pose des questions que les Américains semblent peu pressés de résoudre. Principalement celle du contrôle des armes. Deux chiffres pour éclairer ce débat qui ne devrait même pas avoir lieu: chaque année, les armes à feu font près de 30 000 morts aux Etats-Unis, soit près de 80 personnes...par jour! Un chiffre record pour un pays hors zone de conflit, ce qui est le cas, à moins que je sois mal informé. 

Alors pourquoi "la plus grande démocratie du monde" ne peut-elle contrôler les ventes d'armes sur son territoire? Ou même carrément les interdire, sauf sous des conditions draconiennes? La réponse tient en deux éléments. Le premier remonte aux origines du pays. Les pionniers de l'ouest ont gardé leurs habitudes armées, même dans les grandes villes. Au sud, les propriétaires d'esclaves étaient tous armés pour prévenir les révoltes. Les habitudes ont perduré, sur le sentiment en plus, que les armes faisaient un peu partie du patrimoine national ou régional. On trouve ainsi beaucoup plus d'armes dans le sud que dans le nord des Etats-Unis. Deuxième élément, le lobbying très actif de la NRA, National Rifle Association, qui est au lobby ce que Clinton fut aux démocrates: incontournable, indispensable, inévitable. Longtemps présidé par le très droitier Charlton Heston que l'on préférait en jupe dans Ben-Hur, cette association regrouperait environ deux millions d'Américains qui s'appuient sur le deuxième amendement pour protéger leur droit à acheter des armes. 

Aujourd'hui, même après la tragédie de Virginia Tech, il ne se trouve pas un politique pour demander clairement un meilleur contrôle des armes. Certains disent même qu'Al Gore aurait perdu le Tennessee lors des dernières élections présidentielles à cause de sa prise de position contre les armes.