25.03.2007
Punk héroïne
Arthur Grimm fait un drôle de métier. Avocat d’origine, il est devenu enquêteur pour un de ses confrères, Aaron Held, mais aussi baby-sitter de truands dans les ennuis…
C’est comme cela qu’il se retrouve au centre correctionnel métropolitain de New York, pour rencontrer celle qui va devenir « l’idole des camés », la blonde anglaise Sonny, Sonia Byrne-Downes de son vrai nom. Elle s’est fait serrée avec deux kilos de pure China white, la Rolls de l’héroïne, de l’argent, des comptes et du matériel, bref tout l’attirail du parfait trafiquant. Et en plus, dans l’appartement de son ami Rickie Rude, star du punk. Une grosse affaire pour les medias, mais aussi pour « Lady Dragon », l’intraitable procureur Vita Vaggi. Qui compte bien faire condamner le chanteur et l’Anglaise.
Grimm découvre que l’un des parrains de New York, l’Irlandais Jake Moriarty, une vieille connaissance, se retrouve également mêlé à l’affaire, tout comme Saul Diamond, l’impresario de Rickie. Cela commence à faire beaucoup pour l’ancien du Vietnam, mais ce n’est pas terminé… L’enquêteur va aller de surprise en surprise et le lecteur de révélation en révélation dans ce polar haletant, bien écrit et sans parti pris moral. Comme l’écrit Norman Mailer dans la préface (oui LE Norman Mailer) « la narration offre les plaisirs d’un thriller à suspense auxquels vient s’ajouter une vision romantique, mais sentimentale, de la vie aux frontières du crime ». Roman écrit par Richard Stratton, pendant qu’il purgeait une peine de huit ans dans un quartier de haute sécurité. Le seul à avoir réussi semblable performance est le grand Edward Bunker dont je vous conseille tous les livres, dont Aucune bête aussi féroce. Je vous recommande vraiment l'idole des camés, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un polar aussi passionnant. D.A.
L’idole des camés de Richard Stratton, traduit de l’américain par Thierry Marignac, éditions Rivages Noir, 609 p., 9,88€.
17:35 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : polar, livres, littérature, thriller, Mailer, Bunker, Stratton
31.01.2007
Traquenard à San Francisco
Dante Mancuso, un solitaire désabusé, revient à San Francisco pour enterrer son père. Il redécouvre North Beach, le quartier italien de son enfance et de sa première vie, quand il était flic. Il retrouve son oncle et les secrets de famille, la belle Marilyn qui devait partir avec lui et les Chinois qui de trafic en trafic ont peu à peu conquis la baie.
Mais Mancuso revient aussi parce qu’il est en mission pour l’Agence, une sorte d’officine parallèle comme les Etats-Unis en produisent tant : il doit infiltrer un réseau de trafiquants de drogue, confondre le chef de la nation de l’islam et faire tomber une famille chinoise. Tout cela doit s’organiser lors d’un rendez-vous dans les entrepôts de sa famille… Famille qui semble partie prenante dans les trafics chinois. De vieilles histoires remontent à la surface, des « amis » de vingt ans se manifestent brusquement…Mais personne n’a vraiment envie que Dante s’éternise.
L’affaire se complique quand son oncle Salvatore est abattu. L’inspecteur Ying fait alors équipe avec Mancuso pour tenter de dénouer les brins de vérité dans cet écheveau chinois. Tandis que les cadavres continuent de s’enfoncer dans les eaux sombres de North Beach, quand les barques sortent le soir, délivrer leur contingent de victimes…
Un polar noir, sans espoir, avec un héros tout en retenu, énigmatique et secret, mais qui ne se laisse pas détourner de son enquête. Même quand il se doute que l’Agence le manipule ou qu’il s’aperçoit que la froide Anita Blonde le file… A déconseiller aux amateurs d’histoires romantiques.
Les vestiges de North Beach de Domenic Stansberry, traduit de l’américain par Samuel Todd, éditions Série Noire Gallimard, 327 p., 19€.
16:15 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livre, polar, littérature, San Francisco, Stansberry
23.01.2007
L'arnaqueur amoureux
Kevin a perdu sa mère à 12 ans et il part avec son père sur les routes des Etats-Unis. Jerry un minable arnaqueur, trafique les fausses cartes de crédit. Charmeur, baratineur, il trimballe son fils en voiture au milieu des ballots de T-shirts, sacs de couchage et paquets de chips, en attente du « gros coup ».
Un jour, ils rencontrent Colette, une jeune fille à la beauté évanescente et la tête pleine rêves. Kevin tombe fou amoureux, mais Colette couche avec Jerry. Ils montent des arnaques ensemble et un beau jour, après un coup réussi, Colette part sans laisser d’adresse. Jerry fait de la tôle, Kevin aussi, puis il retrouve Colette et traqués, partent vers l’Europe, en Espagne puis en France. Là, Kevin devient un champion du vol à la tire, mais il s’attire aussi quelques ennuis…
Comme le dit François Guérif, l’éditeur, « Peter Craig crée un univers romanesque trouble qui n’est pas sans évoquer celui de Jim Thompson ». Road movie à travers les Etats-Unis, escroqueries qui tournent mal, passages par la case prison, tout cela reste d’abord assez classique, les éclats de rire en prime. Mais avec l’exil en Europe et surtout en France, on découvre une autre dimension de ce roman noir, une histoire d’amour poignante et belle. Servie par un style fluide et une écriture qui foisonne.
Hot Plastic de Peter Craig, traduit de l’américain par Stéphane Carn, éditions Rivages Noir, 461 p., 10,40€.
10:45 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Polar, livre, littérature, Craig, Guérif, Thompson
08.01.2007
Crime, arnaque et trahison
11:05 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Polars, livres, littérature, Seuil
03.01.2007
Un Irlandais peu tranquille
Toxic Blues de Ken Bruen, traduit de l’irlandais par Catherine Cheval et Marie Ploux, éditions Série Noire Gallimard, 298 p. 16,50€. Note 4.
Jack Taylor est de retour en Irlande à Galway et nulle part ailleurs. Une cité emblématique de l’Irlande pure et dure. Il est toujours aussi camé, désabusé et plus seul que jamais ; Il va plonger dans les ennuis en acceptant d’enquêter sur les morts inexpliquées de jeunes tinkers, des gens du voyage. Leur sort intéresse bien peu la police, son corps d’origine. « L’aura de ma déchéance déliquescente agissait comme les feux d’un phare sur les routards proches de la mort. Les ivrognes, les camés, les escrocs, les losers, les anges déchus. Venez à moi, vous les égarés, que je vous donne un nom ». Avec ce deuxième volet des enquêtes de Jack Taylor, le souci de l’ambiance, l’art des dialogues où presque chaque phrase ressemble à un uppercut, brossent plus sûrement que n’importe quelle thèse universitaire la réalité de l’Irlande profonde. Et nous séduisent plus que l’intrigue, assez secondaire. Un nationalisme forcené, une aversion profonde pour l’Anglais, peu d’amour pour son prochain et, enfin, un goût prononcé pour l’alcool et la drogue, seuls capables d’éloigner l’ennui dans l’Irlande selon Ken Bruen. Une vision caricaturale ? Non, noire tout simplement… D.A.
17:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Polars, livres, littérature, Ken Bruen
02.01.2007
Affaires irrésolues
CRITIQUE POLAR
Deuil interdit de Michael Connelly, Seuil policiers, traduit de l’américain par Robert Pépin, 389 p., 22 €. Note : 5.
Harry Bosch, l’énigmatique inspecteur du LAPD rempile. Après trois ans de retraite, il se rend à l’évidence : il ne sait rien faire d’autre, pire, l’enquête lui manque. Bosch revient donc au « service des affaires non résolues ». Et doit se pencher avec Kiz, sa coéquipière qui l’a fait rappelé, sur le meurtre de la jeune Becky 16 ans, enlevée de chez elle et tuée d’une balle dans la poitrine en 1988. Grâce à une analyse ADN, l’enquête peut reprendre. Et Bosch, avec ses intuitions en béton et son abnégation au travail, va trouver des pistes : inédites et dangereuses. Et affronter une manipulation policière imprévue…
Connelly est l’un des maîtres du polar. Il maîtrise l’alchimie entre l’histoire, le suspense, et l’implication de son héros qui n’en est pas vraiment un, surtout dans ces dernières enquêtes. Son héros Harry Bosch, a pris de la bouteille, perdu des illusions, mais garde un profil manichéen de flic incorruptible, viscéralement attaché à son métier et obstiné à l’extrême. Et toujours capable d’empathie, après toutes ces années. Ce qui le rend attachant bien sûr. Une bonne raison de lire ce polar si vous l’avez raté à sa sortie cet été…
Si vous aimez Michael Connelly, vous aimerez aussi : Dennis Lehane, un autre maître de l’intrigue notamment dans Shutter Island, (Rivages Thriller).
Dominique Artus
12:20 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livres, polars, critiques, Connelly

