28.05.2007
Controverse et Palme d'Or
Le Festival de Cannes n’est décidément qu’un festival comme les autres. Et non pas « le plus grand festival du monde » comme tentent de nous en convaincre des critiques repliés sur leur nombril.
Le jury qui vient de couronner un film roumain d’un réalisateur obscur, « Quatre mois, trois semaines et deux jours » du Roumain Christian Mungiu, ne peut prétendre avoir couronné le meilleur film de la quinzaine, ni représenter l’essence du cinéma contemporain.
Que le réalisateur soit inconnu n’apparaît pas comme un critère de non-choix, certes. Mais ce film qui raconte l’avortement clandestin d’une jeune femme pendant la terreur communiste en Roumanie, a été qualifié par Le Monde lui-même (peu suspect de défendre les films commerciaux) de « cinéma d’auteur le plus exigeant ». En clair et en français, cela signifie ennuyeux, pénible, pour ne pas dire carrément « chiant ».
Stephen Frears et son jury
Mais peut-être est-ce la faiblesse de la sélection qui explique le choix de l’Anglais Stephen Frears et de son jury, où l’on s’est empoigné semble-t-il, entre partisans et adversaires de ce film épuré et sans relief. Or, cette année, la sélection démontrait la belle vitalité du cinéma intelligent mais accessible au grand public, avec de nombreux anciens titulaires de la palme d’Or, comme Tarantino, les frères Coen (un temps favori), Gus van Sant, Wong Kar Wai, Kusturica, tous en compétition cette année. Ou des nouveaux très talentueux comme James Gray ou Julian Schnabel. Dommage pour le Festival, mais surtout pour le cinéma. Car quelle est la mission d’un grand festival de cinéma ? Est-ce encouragé un auteur intellectuel, enfermé dans son art et peu soucieux du public ? Ou bien faire découvrir le cinéma au plus grand nombre en récompensant un cinéaste intelligent intéressé lui, par les spectateurs? La réponse est encore plus simple quand on se souvient de certaines palmes du festival de Cannes.
Qui a vu ou même retenu le nom du film Palme d’Or en 1997, il y a juste dix ans ? « L’anguille » de Shohei Imamura… A égalité avec un autre film qui a marqué les esprits à n’en pas douter, « Le goût de la cerise » de Kiarostami… Un autre exemple ? « L’éternité et un jour », de Théo Angelopoulos en 1998. Ces films ont dû, à eux trois, faire moins d’entrées que n’importe quel navet américain. C’est dommage, on peut le regretter, mais à ignorer le public on en arrive à ce résultat : récompenser un film que personne n’ira voir en salle.
Pulp Fiction et le Pianiste
Pourtant, les grands réalisateurs cités plus haut, ont eux été choisi pour des films moins abscons mais beaucoup plus passionnants et qui ont donc rencontré leur public : « Pulp Fiction » de Tarantino en 1994, mais aussi « La leçon de Piano » de Jane Campion (1993), « Sexe, mensonges et videos » de Soderbergh (1989) ou plus récemment « Le Pianiste » de Polanski (2002), une exception cependant, tant les films récompensés ces dix dernières années tombent dans la catégorie « intello-invisible ». Pourvu que ça change… Et que jury et critiques ne votent pas pour épater la galerie de leur connaissance pointue du cinéma d’auteur, mais pour émerveiller le public. On peut toujours rêver… D.A.
12:31 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Film, stars, Palme d'or, Cannes, Tarantino, Frears
22.05.2007
L'argent des acteurs
En plein Festival de Cannes, il est encore plus incongru de parler d'argent dans le cinéma, surtout s'il s'agit des gains des acteurs.
Vous savez, ceux qui émargent comme intermittents du spectacle... Et bien voici, trouvé dans le Figaro, les cachets des plus célèbres intermittents français pour 2006 :
18 M € : En tête bien sûr, les Bronzés (Jugnot, Clavier, Chazel, Lhermitte, Blanc, Balasko) qui se partage 18 millions d'euros, grâce à un matraquage promotionnel sans équivalent et aussi, il faut le reconnaître, à une forte nostalgie des amoureux des deux premiers numéros. 3 millions chacun donc.
3,5M € : En deuxième position, mais numéro 1 à titre individuel, l'un des stakhanovistes du cinéma français, Daniel Auteuil.
2 M € : Ensuite, Gad Elmaleh, 2 millions, Benoît Poelvoorde 1,8 million, Michael Youn 1,5, Audrey Tautou 1 million, Jean Dujardin 1 million également, Clovis Cornillac 900 000 €, Gérard Lanvin 850 000 et Mathilde Seignier 800 000 clôt ce top 10 des acteurs français.
A noter que deux habitués de ce top 10 n'apparaissent pas, Jean Reno et Gérard Depardieu, soit pour cause de flop, soit pour cause de tournage moindre. A vous d'essayer de vous souvenir de leurs productions 2006. D.A.
17:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Film, stars, argent, budgets, Clavier, Jugnot
26.02.2007
"Oscar" Martin Scorsese
La nuit dernière, Martin Scorsese, immense réalisateur, a été enfin récompensé de l’Oscar du meilleur réalisateur, en même temps qu’il recevait celui du meilleur film. Mais on aurait préféré qu’il l’ait pour un autre film que Les Infiltrés…
D’abord, le divin Martin appartenait jusqu’à hier à une caste prestigieuse, celle des grands réalisateurs ignorés des Oscars, avec Orson Welles, Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick. Aucun d’entre eux n’a jamais eu l’Oscar du meilleur réalisateur. Ensuite, sa carrière est pavée de grands films qui méritaient d’être récompensés par la brillante académie, qui manque quelquefois de discernement.
Pour Taxi Driver en 1976, il eut quatre nominations. Puis Raging Bull (1981) permit de couronner Bob de Niro comme meilleur acteur, mais Scorsese passa une nouvelle fois à travers. En 1990, Les Affranchis récolta six nominations à la bourse aux Oscars, avec un nouvel échec à la clé. C’est sans doute ce film, avec Raging Bull (que je trouve un peu trop stylisé et parfois long), qui méritait le plus la récompense pour Scorsese. Les années passant, les nominations tombèrent en rafale pour l’Italo-New Yorkais : dix nominations pour le picaresque Gangs of New York, avec ce magnifigue duel entre DiCaprio et Daniel Day-Lewis. Et enfin, onze nominations pour Aviator, toujours avec DiCaprio. Et toujours pas la statuette de meilleur réalisateur, l’Oscar des Oscars…
Pourquoi Les Infiltrés est-il un film qui mériterait moins que les autres Scorsese d’être récompensé ? D’abord il s’agit d’une reprise d’une totale fidélité d’un film hongkongais, Infernal Affairs. Ensuite, si la direction d’acteurs, avec un DiCaprio une nouvelle fois exceptionnel, mérite l’hommage, scénario et réalisation restent en dedans par rapport à mes favoris. Mais il est vrai qu’on ne peut s’empêcher d’être content pour Scorsese, même si cet Oscar remporté contre son vieil adversaire Clint Eastwood (en compétition avec Lettres d’Iwo Jima) ressemble un peu à une compensation. Mais donnez-moi votre avis. D.A.
19:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Film, cinéma, Oscars, Scorsese, DiCaprio, deNiro, les infiltrés
03.02.2007
Uma Thurman roule pour Pirelli
Une marque qui utilise des bombes pour regonfler ses pneus, peut bien s’offrir une star d’Hollywood, Uma Thurman elle-même, pour sa pub internet.
C’est ce que vient de faire le manufacturier Pirelli, plus célèbre pour les belles poupées de ses calendriers que pour ses résultats sur la route… D’accord c’est un peu dur, car la marque affiche de beaux succès. Pirelli se présente comme le cinquième manufacturier dans le monde. En 2005, la marque affirme avoir généré un revenu d'environ 3.63 milliards d’euros avec une hausse de presque 12% par rapport à 2004.
Ils peuvent donc s’offrir la bombe Uma, immortalisée en combinaison jaune fluo sur une moto de même couleur dans Kill Bill, dirigé par Quentin Tarantino, le cinéaste qui filme plus vite que son ombre. On verra donc très bientôt (à partir du 11 février) le film publicitaire sur internet, avec Uma aux commandes d’une Lamborghini chaussée de pneus Pirelli of course. La marque a repris en partie les codes du film, Uma roule au volant d’une Lamborghini jaune (!) dans les rues de Beverly Hills ; comme si elle rentrait chez elle, vous voyez. Elle est soudain prise en chasse par des tueurs… Pourra-t-elle leur échapper ? Ce suspense insoutenable prendra fin sur le site de la marque, le 11 février.
Penelope Cruz et …Sophia Loren
Déjà célèbre grâce à son mythique calendrier, lancé en 1972 par un directeur artistique anglais (forcément obsédé par les filles), cette collection de stars photographiées par la crème des photographes de mode rencontre un succès jamais démenti. A tel point qu’on connaît mieux le calendrier que les pneus, surtout en France où le Pirelli n’est pas forcément le pneu le plus distribué. L’édition 2007 accueille Pénélope Cruz mais aussi une mamie du cinéma, Sophia Loren. Photographiée avec force filtres et voilages. Mais elle nous fit tant rêver…
Le tournage du film lui, a duré six jours, mobilisé la bagatelle de 350 personnes et surtout coûté… trois millions de dollars, pour dix minutes. Les dirigeants de la firme italienne restent très sûrs d’eux et comptent sur le buzz internet et la notoriété de la star pour générer plus de retombées et un impact en image plus fort qu’une campagne de pub classique. Ils savent ce qu’ils font (avec le calendrier), ensuite parier sur Uma Thurman paraît assez évident, surtout si la star a joué le jeu, avec un très beau cachet à la clé, forcément.
Sans parler des trois Lamborghini, dont l’histoire ne dit pas dans quel état elles ont été restituées. A moins qu’Uma, comme certaines stars, ait voulu en garder une, en souvenir… D.A.
15:38 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : People, cinéma, pub, medias, Uma Thurman

