08.03.2007
L'amour est révolutionnaire
8 mars journée de la femme, comme si nous les hommes, attendions ce jour-là pour célébrer les femmes, nos femmes, sans lesquelles nous ne serions rien. Démago ? Dragueur en quête de succès ? Non, réaliste.
Comme le dit un grand écrivain français, Jean-Marc Parisis, la seule vraie cause révolutionnaire de ce début de siècle, c’est l’amour. Il en a fait un livre, son vingtième, Avant, pendant, après, mais j’y reviendrai. Il racontait son point de vue hier soir, au milieu d’un aréopage de brunes enamourées, l’œil de velours sous la mèche brushée, le sourire soudain écarlate qu’on leur parle d’amour. Parisis n’a pas l’œil acéré ni le sourire enjôleur, mais la gravité du quadra qui sait : l’amour est une quête impossible, une aventure lointaine qui vous prend au coin de la rue et vous emporte pour l’éternité.
Cela tombait bien, nous étions au Nomad’s, un resto chic et branchi-brancha de la place Saint-Honoré, où un jury hétéroclite de journalistes remettait un prix à un récit de voyages. Ecrivain couronné, Sylvain Tesson, en liaison mobile depuis le lac Baïkal, qu’il s’apprête à traverser. Trop facile, même si la salle se pâmait d’aise. Traverser le lac Baïkal, à côté d’une traversée amoureuse, du suivi longitudinal amoureux, de l’exploration de l’intime féminin… Trop facile je vous dis.
Plus loin, deux jeunes femmes, encore brunes, désolé, Aliette Abécassis et Caroline Bongrand, expliquaient ni plus ni moins qu’il fallait réinventer le féminisme. Elles aussi ont écrit, un essai, le corset invisible, à partir de témoignages de femmes. Homme et femme mode d’emploi, certains en rêvent, mais c’est impossible. L’amour ne connaît pas de mode d’emploi, il est révolutionnaire, puisqu’on vous le dit. D.A.
18:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, livre, culture, voyages, Parisis, Abecassis, litterature
06.03.2007
Objectif Louvre
Souvenez-vous de cette polémique si française… D’éminents spécialistes emmenés par l’ancienne directrice des musées de France, Françoise Cachin, s’étaient indignés de la création d’un Louvre à Abu Dhabi dans les émirats arabes. Ils criaient au vol des œuvres, au pillage du patrimoine français, à la dilapidation mercantile de notre culture… Accusant l’Etat et la nouvelle direction du Louvre de ne penser qu’à l’argent au détriment des œuvres.
C’est donc aujourd’hui que le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres (interview dans le Figaro) doit signer à Abu Dhabi l’accord entre états qui entérine l’usage du nom du plus grand musée français, pour une durée de trente ans et six mois. Il est vrai que le Louvre devrait toucher 300 millions d’euros pour cet accord, 175 millions tout de suite, le solde versé à l’agence internationale des musées de France en cours de création. Cela fait plus d’un an que l’opération est en cours, dans le secret d’abord, avant d’être rendue publique et de déclencher la fameuse polémique.
Que craignent les opposants à ce Louvre d’Abu Dhabi ? D’abord ils disent que c’est une façon de brader le nom « Louvre » qui ne devrait pas sortir de France. Ensuite, que l’on dilapide les œuvres qui ne seront plus visibles par le public français et qu’il s’agit donc d’un préjudice patrimonial. Enfin, que l’art d’Etat ne doit pas être mercantile mais uniquement tourné vers la conservation et la restauration.
Dans cette affaire, il s’agit surtout du rayonnement de la France à l’étranger, de montrer les œuvres du patrimoine culturel au cœur d’une région en plein essor, qui attire Arabes, Asiatiques, Américains, Russes… Autant d’amateurs d’art potentiel qui peuvent ensuite vouloir d’autant plus faire le voyage en France.
Plus de moyens, plus d’œuvres exposées
L’argent ? On reproche trop souvent à l’Etat français de laisser partir hors de France (et souvent définitivement) des œuvres essentielles, faute de moyens financiers. Les grands musées français ont du mal à rivaliser dans les ventes aux enchères prestigieuses avec les musées étrangers ou les grandes fondations. Le prêt du nom « Louvre » et de ses collections pourra permettre de garder en France plus d’œuvres, est-ce un problème ? Ensuite cet argent sera utilisé très vite : création d’un centre stockage en banlieue pour se protéger contre une crue de la Seine, création d’un centre de restauration et de recherche, disponibilité du pavillon de Flore…pour exposer plus d’œuvres.
Les prêts d’œuvres à Abu Dhabi seront limités à deux cent pièces sur une période n’excédant pas deux ans, et le cadre des échanges limité dans le temps, dix ans maximum. Il ne faut pas oublier que les réserves du Louvre et des grands musées croulent sous les œuvres et qu’on ne peut jamais tout exposer, loin de là. Il sera certes difficile aux Français d’aller admirer une œuvre à Abu Dhabi, mais au moins celle-ci ne restera-t-elle pas confinée dans une réserve. La vraie raison ne serait-elle pas que certains auraient rêvé de conclure une telle opération ?
On touche là le monde picrocholien de la culture, avec ses chapelles et ses rancoeurs. L’intérêt général n’est pas considéré, seuls les règlements de comptes mesquins interviennent. Ouverture du Louvre d’Abu Dhabi dessiné et réalisé par Jean Nouvel, en 2012 ou 2013. D.A.
(photo ateliers Jean Nouvel)
11:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Culture, Louvre, Mécénat, Beaubourg, Paris, medias
09.02.2007
BHL le clairvoyant
Dans sa chronique du Point de cette semaine, Bernard-Henri Lévy raconte son dîner avec Ségolène Royal (sans nous indiquer le restaurant…).
A l’heure où les grands fauves vont boire, on se dit tout de suite, que lui, l’intellectuel de la gauche caviar, le penseur épris d’Amérique, l’inventeur du « roman-enquête », n’en a fait qu’une bouchée. Mais il ne fallait pas négliger le pouvoir de séduction de la candidate socialiste. BHL qui s’y connaît en femmes (on lui prête tellement de conquêtes), parle de « l’étonnante fraîcheur » de Ségo et de l’étonnement qu’elle lui procure. Il l’attaque un peu sur son expression des « droits humains » en Chine, pour ne pas parler des droits de l’homme. Elle s’étonne que Sarkozy s’en prenne aux dictatures : « la droite et les dictatures, je demande à voir… ». Et BHL l’intelligent ne questionne même pas ce qui relève du procès des années 70… Puis ils parlent de Jospin, et là, raconte BHL, Ségolène se lâche : »Je comprends Jospin. Qu’une fille comme moi, une « Bécassine », réussisse des choses où il s’est lui, cassé les dents, je conçois que ça le fasse rager ». Et pan ! Mais de quoi parle-t-elle ? Du ralliement de Jean-Pierre Chevènement… Quelle affaire. Et BHL de conclure qu’on a peut-être été injuste « moi le premier » confesse-t-il, avec cette femme. Maintenant on sait pour qui l’intellectuel engagé va appeler à voter. Même si il attendra pour cela, de savoir sur quelle pente se dirige Ségolène Royal. D.A.
15:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Medias, Royal, élections, présidentielle, BHL
30.01.2007
Culture et argent
Je souhaiterais parler d'un autre réchauffement climatique, celui de la culture ou plus exactement des relations de la culture avec l'argent. C'est un sujet d'actualité(s) au regard de la polémique, voir du tollé, que viennent de provoquer les louables intentions du Louvre de monter des partenariats avec Abou Dhabi ou Shanghaï...
Dans le même temps, ce n'est pas un sujet d'actualité car aucun candidat à la présidentielle n'a prononcé le moindre mot sur la culture. Donc après Jean Jaurès et Guy Moquet, j'en appellerai à André Malraux. La France et ses 1200 musées, la France et son patrimoine, découvre avec effroi que la culture ne peut se faire sans argent. Si ! Pour paraphraser l'excellent ouvrage de Michael Baxandall, " l'Oeil du Quattrocento" , paru chez Gallimard, rappelons que la Renaissance est devenue la...Renaissance grâce aux marchands Vénitiens qui commandaient des tableaux. Oui, des marchands ! Et sans être un fin lettré, il suffit de parcourir quelques ouvrages pour découvrir que les Impressionnistes ou plus tard les pères de l'Art Moderne, entretenaient des rapports tumultueux avec leurs galéristes ou leurs mécènes. L'argent toujours l'argent.
Mais en France où la gouvernance de l'État est omniprésente, il ne faut point en parler. C'est d'autant plus tragique qu'aujourd'hui ce sont les mécènes qui font ou vont faire la loi du marché, si l'on observe de près les résultats des transactions engrangés par Christie's ou Sotheby's dans l'univers de l'art contemporain. Ce débat est salutaire sur le fond car il rappelle que la culture ne repose pas que sur le patrimoine. Bien sûr, le Louvre a enregistré pour l'année 2006, 8,3 millions de visiteurs. Bon, et alors...? Dans le même temps le budget du Centre Beaubourg est de 100 millions d'euros avec une subvention de 70 millions de l'État, il faut bien trouver la part manquante et ne pas oublier les acquisitions à faire pour que ce musée continue d'occuper son rang. Quant au mécénat c'est une idée neuve en France comme aurait dit Saint-Just et lorsqu'un mécène est présent sur une manifestation, les tutelles institutionnelles se font plus timides dans l'accompagnement. On prête volontiers toutes les vertus à la culture en matière d'intégration, de compréhension des autres mais il faut arrêter de rougir comme une jeune mariée au soir du festin. L'argent est bon, nécessaire et impératif aux vertus de l'art. Jean-Marc Thévenet
09:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Culture, Louvre, Mécénat, Beaubourg, Paris

