03.07.2007
La refondation en politique
N’est-ce pas ce qui reste quand on a tout perdu ? Il suffit de regarder ce qui se passe à gauche : au parti socialiste, chez les Verts, ou encore chez les communistes. Les seuls pour l’instant épargnés par la fameuse « refondation », seraient les partis d’extrême gauche bien discrets ces dernières semaines.
Observons d’abord le pathétique spectacle du parti socialiste, au bord de l’implosion, ce qui serait un moindre mal : Hollande tente de sauver sa place jusqu’au prochain congrès prévu… en 2008. Fabius demande que des têtes tombent, et il dit lesquelles…Strauss-Kahn réclame un renouvellement des générations, mais sans laisser sa place, hormis au conseil national qui ne sert pas à grand-chose. Et Ségo se veut, comme d’habitude, au-dessus de la mêlée, alors qu’elle bataille au beau milieu.
Les plus opportunistes sont partis chez Sarko. Derniers en date, les gardiens du mitterrandisme le plus sourcilleux, j’ai nommé Védrine, chargé de mission, et l’ineffable Lang, thuriféraire de Ségo après avoir encensé Mitterrand, nommé lui à la tête d’une commission. Sarko distribue charges et prébendes tout autour de lui, mais surtout à sa gauche pour l’instant. Il faut qu’il soit très sûr de sa majorité pour mécontenter autant de monde à l’UMP.
Chez les Verts, c’est le maintenant vénérable Cohn-Bendit, (bien loin de « Dany le rouge » ou du phalanstérien allemand vivant en communauté et pratiquant l’amour libre inter-générationnel) qui propose la refonte du parti Vert, moribond, avec deux élus à l’Assemblée et une Voynet en totale déconfiture.
Quand aux communistes, sauvés par le gong, mais surtout par une longue histoire commune avec le PS entamée sous Mitterrand, ils peuvent encore se replier sur leur glacier soviétique, socle unique et toujours vivace de leur pensée politique.
Alors pourquoi nos principaux partis de gauche en sont-ils là, c’est-à-dire nulle part ? Tout simplement parce que la gauche ne s’est jamais vraiment remise en question, qu’elle n’a jamais fait ce fameux inventaire des années Mitterrand réclamé par certains. Ceux sans doute qui s’étaient aperçus que le monde avait changé et que le socialisme pur et dur n’existait plus beaucoup. C’est d’ailleurs ce qu’a senti Ségo, bien conseillée, quand elle a proposé une alliance à Bayrou. L’avenir du parti socialiste passe sans doute par une refondation… au centre. Les communistes eux, vont mourir de leur belle mort, comme tous les partis frères en Europe occidentale, il serait temps comme on dit à la campagne. Et les Verts, ayant raté une opportunité historique (ils auraient dû investir à l’unanimité enthousiaste le candidat Nicolas Hulot), son avenir dépendra de l’intelligence de ses cadres. Comme on dit dans ces cas-là, ce n’est pas gagné… D.A.
15:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, medias, Sarkozy, Royal, Hulot, refondation, PS


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