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26.06.2007

Presse vendue!

163af21577ca5fc43cf79bc4e229dbd3.jpgRarement la presse s'est autant vendue... Au bon sens du terme bien sûr.

Avec la négociation exclusive entre le groupe Pearsons, propriétaire des Echos, et le groupe LVMH (Arnault), pour la vente du journal économique Les Echos, on entre à nouveau dans une ère de mouvement dans la presse écrite. Le secteur, longtemps calme, se déchaîne à nouveau. Car si Arnault obtient le rachat des Echos, il vendra aussi vite que possible La Tribune, l'autre quotidien économique français... pour éviter les foudres du conseil de la concurrence. Le pluralisme serait donc ainsi respecter. Sauf que...Arnault est un industriel dirigiste qui a construit un groupe de luxe où tout le monde ou presque lui obéit au doigt et à l'oeil. Et il entend bien que cela se déroule de la même façon dans les medias qu'il a acquis. La Tribune n'a jamais pu faire un vrai papier positif sur le groupe Pinault par exemple, le grand concurrent d'Arnault et ennemi intime de celui-ci. Ce qui gênait les journalistes de la Tribune, incommodera au moins autant ceux des Echos.

La presse n'est pas un produit comme les autres, n'en déplaise aux vendeurs de soupe, de yaourts et de chiffons chics. C'est un contre-pouvoir, un instrument de la vérité, qui doit défendre les faits, les révéler, quels que soient leur origine. Difficile, pour ne pas dire impossible, à expliquer à un PDG avide de pouvoir et de reconnaissance. Bolloré, avec Direct 8 et Matin Plus, découvre le pouvoir des medias. Lui qui fut longtemps un milliardaire très discret, se trouve assailli de demandes, de sollicitations de toute part depuis qu'il préside un groupe de medias.

Dassault voulait racheter le Figaro depuis longtemps, pour faire passer ses idées politiques et celles de ses amis. Il a dû ronger son frein, Beytout lui ayant fait signer une charte déontologique protégeant la rédaction. Les exemples récents ne manquent au sein du groupe Lagardère, du licenciement de Genestar à Paris-Match pour crime de lèse-Sarkozy, à l'épisode tragi-comique du non vote de Cécilia au soir du deuxième tour au Journal du Dimanche. Encore un industriel, Arnaud Lagardère, qui fait passer les intérêts de ses amis, avant ceux de ses journaux.

C'est non seulement regrettable, mais aussi contre-productif à moyen ou long terme... Pourquoi? Parce que les lecteurs, vous, moi, nous, sommes un peu moins stupides que ne le pensent ces milliardaires entourés de courtisans. Et que chacun peut percevoir l'indépendance d'une rédaction, la véracité et l'objectivité des infos, et acheter ou délaisser les journaux ou les magazines en question. D.A.

 

Commentaires

"C'est non seulement regrettable, mais aussi contre-productif à moyen ou long terme..." Très juste !!!
Mais l'expression "crime de lèse-Sarkozy" est très craquante si je puis me permettre :D :D

Ecrit par : Cath | 26.06.2007

Merci pour vos commentaires pertinents...

Ecrit par : DA | 27.06.2007

Nul ne peut désormais l’ignorer : depuis le 16 mai, jour de passation des pouvoirs entre Jacques Chirac, dernier roi de la dynastie des Gaullistes et Sarkoléon Ier, empereur de tous les Français, finie la grasse matinée !

La France se lève tôt.

Or, que fait la France, sitôt levée ? Passée la douche froide, la France prend son petit-déjeuner. Et qui que c’est, l’ami du petit-déjeuner ? Ricoré ? Pas seulement…

Certes, depuis le lancement en 1953 par Nestlé de Ricoré - premier « deux en un » instantané et soluble avec un peu plus de 53 % de chicorée et un peu moins de 47 % de café -, tout le monde connaît les bienfaits de la chicorée. Découverte par les Égyptiens vers 4007 avant Sarkozy, la chicorée a, en effet, de quoi mériter toute notre amitié.

Grâce à ses oligo-éléments, vitamines (B12, B6), minéraux (magnésium, potassium, fer), et glucides (inuline ou fructo-oligosaccharides avec un effet bifidostimulant, dites donc !), la chicorée relève la saveur du café et, pour les amateurs de café au lait, rend ce dernier beaucoup plus digeste.

Mais surtout, la chicorée atténue l’amertume du café : quoi de mieux pour lénifier la grogne matutinale et foncer gaiement au turbin ?

Mais je m’égare, d’à-vous.

Pendant le petit-déjeuner, rien de tel pour la famille Ricoré que quelques bons papiers. Et c’est là qu’intervient le nouvel ami du petit-déjeuner : l’ami Bolloré. Non, je ne parle pas du papier OCB (Odet-Cascadec-Bolloré), celui dont on fait de grandes cigarettes sèches que l’on trempe dans le café comme un caramel mou, du bout des doigts…

Que nenni.

Quand je dis « quelques bons papiers », je pense aux journaux, ceux qu’on lit en tartinant sa positive-biscotte ou en allant bosser.

Vincent Bolloré, directeur du groupe d’investissement issu de l’ancienne papeterie spécialisée familiale, a considérablement étendu et diversifié ses activités.

Passons pudiquement sur l’OPA offensive lancée en 1997 par Vincent Bolloré contre le groupe Bouygues pour s’emparer de TF1, opération contrée et mise en échec par l’avocat et ami de Martin Bouygues, Nicolas Sarkozy.
Martin et Vincent, d’ailleurs, se fâchent à mort…
Mais heureusement, Nicolas Sarkozy, avocat du rassemblement – les affaires ne sont-elles pas plus fructueuses dans la sérénité et l’ouverture ? – s’attache à renouer un lien entre les deux hommes. Un lien peu cordial, mais un lien quand même, c’est toujours ça de pris, comme disait Ray Ventura.

D’ailleurs, la célèbre virée maltaise présidentielle a définitivement prouvé que Vincent Bolloré n’est pas rancunier contre celui qui a bataillé pour l’empêcher d’acheter TF1.

Mais je digresse, eh la patte !

Fort des 210 millions d’euros rapportés par l’OPA, Vincent Bolloré investit massivement dans tout un tas de trucs, notamment dans les médias.

Le groupe acquiert ainsi 40% de la SFP, ex-entreprise publique et actuel fleuron de son empire médiatique, « au quinzième de sa valeur ».

Mais c’est pas tout.

Bolloré entre en 2004 dans le groupe Havas dont il détient de 20 à 30 % ; crée en 2005 la chaîne Direct 8 sur la TNT ; puis se lance dans la presse quotidienne gratuite avec « Direct Soir » et « Matin Plus », en coopération avec « Le Monde » pour ce dernier.

Le groupe Bolloré acquiert aussi 40 % de l'institut de sondages CSA et peut s’enorgueillir d’une participation significative dans Euro Media Télévision (24 %), Radio Nouveaux Talents et Aegis, groupe d'achat d'espaces publicitaires et de sociétés d'études (25 %).

Alors, qui que c’est, le nouvel ami du petit-déjeuner ?

« Le soleil vient de se lever, »
« Encore une belle journée, »
« Il va bientôt arriver, »
« L'ami Bolloré… »

« Il vient vraiment comme un présage, »
« Avec sa presse et ses sondages, »
« L'ami du petit-déjeuner, »
« L'ami Bolloré… »

« Il a, oui, choisi la bonne heure, »
« Celle où notre belle France a peur, »
« L'ami du petit déjeuner, »
« L'ami Bolloré… »

Bolloré, vive le petit-déjeuner !

Ecrit par : Monsieur Kaplan | 27.06.2007

J'aime beaucoup l'ami du petit déjeuner...

Ecrit par : DA | 27.06.2007

Merci, Monsieur Artus :)

Pour faire suite plus sérieusement à votre article, heureusement, le forum des SDJ semble décidé à ne pas se laisser lyophiliser par le nouveau régime...

Dernier article de Libé sur la question :
http://www.liberation.fr/actualite/medias/263902.FR.php

Ecrit par : Monsieur Kaplan | 28.06.2007

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