28.04.2007

Rencontre Ségo- Bayrou

medium_20070428.WWW000000029_8030_1.jpgLe débat a bien eu lieu. Il faudrait plutôt parler de discussion d'ailleurs, ouverte et assez détendue entre la finaliste socialiste (même si elle ne s'y réfère jamais) et battu centriste.

Que se sont-ils dit? Ils semblent plutôt d'accord sur la réforme des institutions, la suppression du 49-3, l'absentéisme des députés, l'indépendance de la justice, la garantie de l'indépendance des medias également, même si Ségo a fait des efforts en direction de Bayrou sur ce thème précis. 

Mais sur le volet social, leurs propositions divergent, plus étatistes et conservatrices chez Ségo, plus réformistes chez Bayrou. De même, leur conception de l'économie rappelle l'opposition assez classique droite-gauche, Bayrou étant plus libéral, même s'il veut garder une part de contrôle de l'Etat. Il serait plus près de Sarko donc, sur le volet strictement économique.

Conclusion? Ségo a fait beaucoup d'efforts pour séduire l'électorat centriste, dont une partie vient d'ailleurs de son camp. Elle a veillé à ne jamais prendre Bayrou de front, même quand elle n'était pas d'accord avec lui. Bref, de la tactique électorale classique, qui n'empêche pas en effet, de constater certaines convergences. Pour Bayrou, l'enjeu était autre. Apparaître comme crédible même s'il n'est pas qualifié pour la finale, critiquer Sarko, montrer son ouverture pour espérer récupérer ses électeurs aux législatives. Et ensuite, attendre tranquillement son tour, en 2012. Mais en cinq ans, il peut s'en passer des événements... Quand à Sarko il a joué la partition des "arrangements à l'hôtel", puisque l'entrevue s'est déroulée dans un hôtel parisien. Il devrait mesurer si cette rencontre aura de l'impact ou non, avant peut-être de décider lui aussi de rencontrer Bayrou...D.A. 

27.04.2007

Débat en stock

medium_duel.2.jpgJe, tu, il, elle, nous débattons. Nouvelle mode, aussi éphémère que le retour du tricot ou le pantalon pattes d'éph', le débat politique revient sur le podium.

On pourrait s'en étonner, car la confrontation directe entre deux adversaires politiques devient rare, pour ne pas dire impossible. Les experts disent qu'on peut y perdre une élection en cas de grosse bévue. Mais la réalité se moque des expertises en tous genres et notamment de celle-ci. Giscard s'était fait remettre à sa place par un Mitterrand pugnace en 1981 mais il a perdu à cause de Chirac. Le même Mitterrand traita le même Chirac en subordonné lors du débat de 1988, mais Chirac perdit à cause de... Chirac. 

Les conseillers des candidats l'ont bien compris qui voient dans l'exercice une bonne façon de flatter à peu de frais le bon peuple qui adore les joutes oratoires. Nous ne serions pas Français si nous ne goûtions particulièrement les empoignades, les oeillades et les vraies vacheries, toutes préparées, que se balancent les adversaires d'un soir. Bien sûr, il y a un risque, mais il reste très faible tant l'exercice est préparé, répété, comme un grand oral de l'ENA ou une conférence de presse.

Alors si Ségo rencontre Bayrou demain matin chez nos confrères de BFMTV et de RMC Info c'est bien pour montrer son grand sens de l'ouverture. Si Bayrou y va lui, c'est plutôt afin de prouver qu'il est incontournable dans ce second tour et de prendre date pour la suite des événements. Quand au vrai débat de second tour qui aura lieu mercredi soir, les deux candidats sont chacun convaincus de marquer des points cruciaux. Ségo par son charme hiératique et son sens de l'ordre juste, Sarko parce qu'il pense mieux maîtriser l'exercice que son adversaire. Rendez-vous mercredi, sauf péripéties intermédiaires. Je ne sais pas moi, si demain Bayrou acceptait d'être le premier ministre de Ségo car séduit par son charisme de Madone? Non, je plaisante... D.A.

26.04.2007

Débat Ségo- Sarko

medium_images-1.2.jpgLe débat aura bien lieu. Je ne parle pas de celui entre Ségo et Bayrou sur Canal Plus, animé par l'ineffable Denisot. Non, le vrai débat du deuxième tour, sur TF1 et France 2, présenté par PPDA et Arlette Chabot.

Tout est à peu près caler d'après les deux conseillers principaux en charge de l'organisation: Claude Guéant pour Sarko et Jack Lang pour Ségo. Sarko sera à droite de l'écran, la table les séparant fera environ deux mètres de longueur et les équipes se mettent d'accord sur les thèmes. Pas de "plan de coupe", qui permettent pendant que l'un parle de voir les réactions de l'autre, c'est bien dommage, car il s'agit d'un des vrais intérêts de ce type d'émission.

Maintenant, chaque équipe peaufine ses dossiers, ses réponses et surtout la vanne qui doit faire mal. Rien n'est improvisé, rien n'est laissé au hasard. Les "plumes" de chaque camp réfléchissent, écrivent et proposent des idées mais surtout ces petites phrases qui font mal, genre "vous n'avez pas le monopole du coeur" lancé par Giscard, ou le "monsieur le premier ministre" que Mitterrand asséna régulièrement à un Chirac très énervé. Gagne-t-on une élection grâce à ce débat? Non, mais celui qui trébuche peut accentuer sa chute... Alors chacun prépare énormément ce grand moment de télévision... souvent assez insipide. D.A.

Info ou intox?

medium_images.3.jpgSégo veut bien discuter et même négocier avec Bayrou, mais Hollande ne veut pas, pas plus que les principaux dirigeants du P.S.

Pourquoi? Parce qu'ils ont peur de voir éclater le parti, avec d'un côté les sociaux-démocrates emmenés chez Bayrou par DSK et de l'autre les plus à gauches autour de Fabius, Mélenchon, ou Emmanuelli. Bref, ça discute ferme, mais Ségo reste sur ses positions et affirme vouloir toujours débattre avec Bayrou. Son calcul à elle consiste à récupérer les sympathisants socialistes ayant voté Bayrou, point. Pour les ministres et l'ouverture, on verra plus tard. Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. 

Bayrou lui, s'est quand même clairement déclaré anti-Sarko,  pas par conviction mais par calcul. Il souhaite bien sûr l'éclatement du P.S. à son profit, c'est pour cela qu'il tape sur Sarko, afin d'apparaître comme l'opposant le plus crédible et le mieux placé pour s'opposer à l'hégémonie supposée de l'UMP et de son patron. Il ramasserait les voix des socialistes déçus si Ségo perd et tenterait de convaincre quelques poids lourds de le rejoindre pour réaliser un bon score aux législatives et préparer 2012. Car Bayrou sait aussi que le changement de la durée du mandat présidentiel modifie la donne politique en France. Le président du quinquennat risque d'être plus un super chef du gouvernement qu'un président prenant de la hauteur. Donc plus exposé encore en cas d'échec. 

Mais au sein du P.S. on sait aussi compter et analyser. Hollande ne veut pas perdre le parti ou le voir éclater. DSK se verrait bien le récupérer, comme Fabius en cas d'échec de Ségo... Bref, à l'heure où tout le monde dit vouloir s'adresser aux Français, on se parle surtout à l'intérieur des appareils, entre spécialistes de la combinazione politicienne.

Et pendant ce temps, comme prévu, Sarko négocie avec les députés UDF leur ralliement contre un soutien aux législatives. Une stratégie moins en vue que celle de Ségo cette semaine, mais peut-être bien payante à l'arrivée. A suivre. D.A. 

25.04.2007

Bayrou vote blanc... ou presque

Avant que tout le monde ne vous explique avec sa subjectivité ce qu'a dit Bayrou lors de sa conférence de presse, voici l'essentiel de sa prestation, grâce à I-Télé. Il renvoie dos à dos Sarko et Ségo, les critiquant tour à tour, fonde un grand Parti Démocrate qui sera présent partout aux législatives et accepte l'idée d'un débat avec Ségo, mais aussi avec Sarko si celui-ci le lui propose. A vous de juger. D.A.

 

Le centre introuvable

Comme je l’annonçais, Bayrou se retrouve confronté à la quadrature du centre. Incontournable mais encombrant, indispensable avant d’être inutile.

Ségo a promis de prendre des ministres centristes dans son futur gouvernement. Mais Bayrou est maintenant trop aguerri et trop bien conseillé pour s’y laisser prendre. Car quel est la durée de vie d’un ministre ? Un an, deux ans maximum, parfois encore moins en cas de crise. Qu’est-ce qui empêcherait Ségo de prendre des ministres centristes (encore faudrait-il savoir à quels postes…) puis de faire un remaniement quelques mois plus tard et l’élection passée, pour s’en débarrasser ? Un accord de gouvernement ? Soyons sérieux, si Bayrou pèse d’un poids, ce sera uniquement grâce à ses députés élus aux prochaines élections législatives et non pas avec un accord improbable…

Ségo dans la négo

Mélenchon, sénateur de la gauche socialiste, dénonce déjà un accord avec les centristes. Il explique même qu’il n’y a pas de deal possible, que ce serait contraire aux souhaits des gens de gauche qui ont voté pour Ségo. En effet, pour les électeurs de l’extrême gauche, Bayrou c’est la droite. Une opinion partagée par beaucoup à l’UMP autour de Sarko qui espère faire rentrer les électeurs de Bayrou au bercail, à défaut de leur leader.
Le patron de l’UDF coure donc bien le risque de pousser ses derniers feux. La cigale centriste passera-t-elle l’été ? Ne sera-t-elle pas fort dépourvue une fois la bise venue ? Pour tenter d’échapper à la fourmi sa voisine, Bayrou va tout miser sur les législatives, comme il avait tout misé sur sa qualification pour le second tour. Mais à jouer son va-tout, on coure aussi le risque de perdre sa chemise…L’été pourrait être meurtrier. D.A.

24.04.2007

Bayrou croit qu'il a gagné...

medium_Bayrou-1.2.jpegIl a d’abord reçu les félicitations de ses proches et de son équipe de campagne, puis des journalistes qui le suivent, tous plus ou moins devenus pro-Bayrou… La proximité rend souvent amoureux en la matière.
Puis, son téléphone a sonné, sonné, c’était d’abord Nicolas (Sarkozy) hier, puis Ségolène (Royal), tout miel tous les deux, après l’avoir traité l’un et l’autre d’accident des sondages et de bien pire encore. Mais il n’a pas décroché, trop heureux qu’on l’appelle, trop content d’être l’arbitre. Il ne lui reste que peu de temps, peut-être le sait-il, alors il en profite.
Donc Bayrou croit qu’il a gagné les élections, puisque les deux finalistes veulent discuter, débattre, en fait négocier avec lui ses 6,7 millions de voix. Tout en clamant haut et fort qu’il faut s’adresser au peuple, aux électeurs et non pas au troisième larron… Ce ne serait pas bien, un vulgaire marchandage, disent en chœur sarkozystes et royalistes… Tous menteurs !
On assiste là à un nouvel épisode d’une très vieille pièce de théâtre électoral. Alors que certains commentateurs se pâment en parlant de nouvelle façon de faire de la politique, d’une ère nouvelle, d’aspirations fortes au changement, les états-majors restent les états-majors. On est en campagne pour gagner, pas pour faire des cadeaux au perdant. Bayrou n’existe que le temps du deuxième tour. Après il essaiera de créer une force centriste à l’Assemblée, mais c’est une autre histoire. Pour l’instant, tout le monde lui demande de négocier. Ses députés UDF qui ont la trouille de ne pas être réélus sans les voix de l’UMP. Ses anciens amis UDF, passés avec armes et bagages à l’UMP (à qui il en veut beaucoup, Douste-Blazy par exemple). Et à gauche, des émissaires tentent également de le joindre plus ou moins directement. Bref, c’est le bal des faux-culs qui recommence. La politique ne pouvait pas avoir changé aussi vite en si peu de temps…
Alors que va faire Bayrou ? Rien sans doute, il ne devrait donner aucune consigne. Car il veut capitaliser sur ce premier tour pour rebondir aux élections législatives. Mais l’histoire passe-t-elle deux fois les plats ? D.A.

23.04.2007

Sarko en tête à Paris

Selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, Sarko arrive en tête à Paris, mais avec une avance moindre qu'au plan national.

Il réunit 35,07% des suffrages contre 31,75% pour Ségo. Bayrou fait 20%. L'effet Sarko a sans doute été atténué par la campagne du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et par l'effet "bobo" de gauche, très pregnant dans certains quartiers de la capitale. Autre bonne nouvelle, Le Pen fait un ridicule 4,5%. On doit s'en féliciter quand même. Le Figaro donne gratuitement les résultats globaux sur Paris, en attendant le détail par arrondissement... D.A.

les leçons du premier tour

medium_images.2.jpgSarko réussit le meilleur score à droite 31,1% et arrive largement en tête, Ségo avec 25,8% pulvérise le score de Jospin en 2002. Mais l’enseignement essentiel de ce premier tour c’est la ruée sur les urnes avec une participation record de 84,6% soit le deuxième meilleur score pour l’élection d’un président de la République au suffrage universel direct depuis 1965… Mais en 1965, c’était la première fois que tout le monde votait…
Pourquoi un tel élan démocratique ? D’abord les Français ont sans doute compris qu’il fallait impulser un vrai changement. Finalement, Chirac succédant à Mitterrand, c’était la même conception de la politique, attentiste, démagogique et clanique. Les électeurs souhaitaient une rupture nette et les principaux candidats, Sarko, Ségo et Bayrou ont joué cette partition, avec des différences bien sûr. Alors quel changement veulent les Français ? Cette question sera la clé du second tour, sans doute influencé en prime par le duel télévisé prévu mercredi 2 mai.

Ensuite, le renouvellement était pour une fois clairement incarné par des candidats jeunes, la cinquantaine, n’ayant jamais atteint les plus hautes fonctions de l’Etat. Tous les trois ont été ministres, surtout Sarko, mais jamais premier ministre (finalement il doit être content de ne pas l’avoir été…). Enfin, le vote utile, réclamé surtout par les socialistes, a été entendu de l’extrême droite à l’extrême gauche. Le Pen réalise son plus mauvais score (11%) depuis 1981. La gauche de la gauche socialiste, à part Besancenot (4,3%), est également laminée. Surtout le PC qui paraît définitivement enterré, avec seulement 1,9%, son plus bas score historique.
Très forte participation donc et forte mobilisation autour des deux candidats de second tour. Le retour du bon vieux duel droite/ gauche que beaucoup croyait mort à jamais…
Mais, car il y a un mais… et surtout un trublion, j’ai nommé Bayrou. Avec 18%, il réussit lui aussi un score historique pour l’UDF depuis 1981 (Giscard avait réussi 32,6% avant d’être battu au second tour par Mitterrand). Les instituts de sondages, qui cette fois ont pris des précautions et ne se sont donc pas  trompés, pensent que les voix Bayrou se répartiront à peu près à égalité entre Sarko et Ségo. Mais le patron de l’UDF entend bien surfer sur la vague du succès et sans doute élargir la base de son parti et le nombre de ses députés aux prochaines législatives.
Justement, les législatives devraient le ramener à droite. Car ses élus l’ont tous été avec les voix et les reports automatiques de l’UMP. Il va être difficile d’expliquer aux députés UDF qu’il ne faut plus compter sur les voix de droite… La marge de manœuvre de Bayrou s’annonce donc étroite, mais surtout, contrairement à ce qui a été dit hier soir sur les plateaux de télévision, les tractations vont se multiplier. Le premier des deux finalistes qui convainc Bayrou de devenir son premier ministre aura pris une bonne longueur d’avance. On vous tiendra informé. D.A.

22.04.2007

Duel annoncé...

Nous savons maintenant, depuis 19h, sans risque de se tromper, qui sont les deux finalistes... Nous savons, nous savons, mais nous respectons la loi, comme tout le monde... enfin, sauf les Suisses qui s'en moquent: pour ceux qui n'ont pas encore l'info et qui ne veulent pas attendre 20h, rendez-vous sur le site du temps.ch, quotidien suisse bien pratique pour encore quelques vingt minutes...

A plus tard... D.A. 

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