28.02.2007
Sarko, les pieds dans le béton
Et pan sur le bec! comme l'écrit parfois le célèbre Canard Enchaîné. Qui vient de sortir un dossier plutôt gênant pour le maire de Neuilly s'il se vérifie.
En effet, le Canard explique que Sarko aurait acheté un duplex dans l'île de la Jatte à Neuilly en 1997, en bénéficiant d'une ristourne d'au moins 90 000 € ainsi que de remises sur les travaux pour un montant au moins équivalent. Soit une économie de près de 200 000 €, en fourchette basse. Le maire de Neuilly aurait bénéficier des largesses d'un promoteur immobilier, le groupe Lasserre, habitué de la mairie de Neuilly, pour laquelle il a réalisé de nombreux immeubles. Sarko en visite à Madrid hier soir, s'est énervé devant les questions des journalistes qui l'accompagnaient. Il a nié tout passe-droit et s'est défendu comme un beau diable. Le candidat de l'UMP qui d'ailleurs n'a toujours pas rendu public son patrimoine alors qu'il s'y est engagé à plusieurs reprises. Affaire à suivre donc, Sarko ira-t-il jusqu'à attaquer le Canard?
19:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, medias, Sarkozy, Neuily, élections, présidentielle
Signe mon pacte!
Ce pourrait être le nouveau slogan à la mode. Les candidats à la présidentielle sont sommés de signer des pactes avec de plus en plus de catégories socio-professionnelles. Ségo rentre de Clichy-sous-Bois où elle a ratifié le « pacte social et citoyen » du collectif AC le Feu.
Elle avait également signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, l’écolo courageux mais pas téméraire ; et aussi le pacte du mouvement sportif (le CNOSF). En attendant le futur pacte agricole (le salon de l’agriculture se tient samedi à Paris…), et pourquoi pas le pacte des mères de famille et celui des enfants en couveuse…
La mode est au pacte et Ségo n’est pas la seule concernée bien sûr. Si Sarko ne s’est pas encore risqué en banlieue (la peur peut-être), il a lui aussi signé le pacte Hulot et le pacte sportif. Besancenot le petit postier a lui signé le pacte AC le Feu. Le seul qui ne signe pas de pacte c’est Le Pen, même si il s’est découvert, lui le grand bourgeois, une fibre ouvriériste sur le tard.
La mode du pacte
Le clientélisme a toujours été consubstantiel à la politique, mais on atteint cette année des sommets jamais égalés. Alors bien sûr les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, mais à force de multiplier les engagements, les pactes et autres serments de campagne, les candidats courent plusieurs risques : d’abord de décevoir une nouvelle fois les électeurs, qui se font prendre à chaque fois à leur faire confiance. Ensuite, de se retrouver sinon prisonnier, du moins lié par des engagements électoraux vis-à-vis de différents groupes de pression. Et plus il y a de groupes…
Les principaux candidats ont signé d’autres pactes, pas toujours rendus publiques, avec les bailleurs de fonds de leur campagne. Et ceux-là, ils ont intérêt à ne pas les oublier une fois élus. Il ne s’agit pas de tomber dans la paranoïa ou la théorie du complot, trop souvent relayé sur le Web d’ailleurs. Mais à l’heure où le PS avoue manquer d’argent pour cause de réunions participatives trop nombreuses, où les liens de Sarko avec les grands patrons sont avérés, où l’un des bras droits de Bayrou coure les banques pour financer un hypothétique second tour (info du Point), il est utile de s’interroger sur les contreparties éventuelles. Et de rester vigilants. D.A.
12:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Medias, Royal, Sarkozy, présidentielles, Bayrou, élections
27.02.2007
Sondages suite...
Et Bayrou s'envole... Qui l'eut cru? Et avec les réserves d'usage, lire le papier "la cuisine des sondeurs", voici le Béarnais bondissant crédité ce soir de 19% d'intentions de vote par l'Ifop, dans une consultation à paraître jeudi dans Paris-Match. Ségo baisse à nouveau à 25,5 et Sarko remonte à 28... Quand on vous dit que les sondages vont nous faire tourner la tête... On pourrait peut-être arrêter d'en parler, non? D.A.
19:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sondages, Sarkozy, Royal, Bayrou, élections, présidentielle
La cuisine des sondeurs
A nouveau, les sondages reviennent au cœur de la campagne. Et cela ne va pas s’arrêter. Jusqu’à la fin, les instituts vont continuer à mouliner des études, quantitatives pour le grand public, qualitatives pour les états-majors des candidats. Sujets de tous les fantasmes, de tous les reproches également, surtout depuis les récents fiascos… Les sondeurs n’avaient pas lu la chute de Jospin au premier tour en 2002 et avaient pronostiqué la victoire du « oui » au référendum européen…
Or cette année, jamais l’électorat n’a été aussi volatile… et autant intéressé par la campagne présidentielle. Un intérêt à double tranchant. Les Français se passionnent pour la politique parce qu’ils ressentent un fort besoin de changement. Donc le candidat le plus à même d’incarner ce changement aura une vraie longueur d’avance sur ses concurrents. Mais ils ont peur également des promesses non tenues, de la déception « programmatique » à laquelle Chirac (après Mitterrand) les a habitué ces douze dernières années. Donc intérêt fort, grosses attentes, peur d’être déçus, voici les données majeures de ce scrutin.
Questions sur les instituts de sondageDe leur côté, les candidats n’ont sans doute jamais été autant à l’écoute des électeurs, même si ils s’en défendent. Les instituts de sondages ont donc de beaux jours devant eux et rivalisent d’idées. Mais restent relativement opaques sur leur modus operandi… Libé ce matin donne la parole aux principaux instituts et à leurs dirigeants, dans un souci louable d’explication. Profitons-en. Les instituts « roulent-ils » pour un candidat particulier ? Ils s’en défendent bien sûr, mais les états-majors politiques ont bien évidemment leurs favoris. Ainsi, Ipsos travaille-t-il plus pour l’UMP et la Sofres pour le PS par exemple. Dans la plupart des sondages, on sait qui le réalise, qui le publie, mais on ne sait pas qui finance ni comment l’échantillon a été constitué. On ne communique jamais sur les résultats bruts, sous prétexte d’inexactitudes. Ces résultats sont donc corrigés en fonction des derniers scrutins, ou d’autres critères moins transparents encore, c’est la fameuse « cuisine des sondeurs », sujette à tous les fantasmes…
Les sondeurs gagnent leur vie avec les entreprises privées et publics qui leur commandent des études quanti et surtout quali très bien payées, sur les Français et leurs comportements. Quand l’étude peut avoir un intérêt pour un candidat traité par l’institut, le correspondant du parti politique s’arrange pour le faire passer discrètement. Mais il ne faut pas le dire...
Tendances de printemps
Alors quelles sont les tendances lourdes de ce mois de février souvent décisif ? Environ la moitié des électeurs sondés disent pouvoir encore changer d’avis. « Les électeurs indécis subissent fortement l’influence des medias politiques… » d’après un sondeur. Autre constatation, les parcours politiques traditionnels volent en éclats. Ce qui veut dire qu’un sympathisant de l’extrême gauche déclare voter pour Ségo, un socialiste pour Bayrou, voire même pour Sarko (même si il ne le crie pas sur les toits). Le taux de certitude des votes pro-Bayrou est faible : gageure, danger pour l’actuel troisième homme, ses électeurs potentiels pourraient rentrer au bercail dans un réflexe vote utile. Vote qui semble être le réflexe des électeurs tentés par l’extrême gauche, traumatisés par le 21 Avril 2002. Ils votent donc utiles eux, dès le premier tour, d’où la faiblesse des candidats à la gauche de Ségo. Globalement d’après l’Ifop, le niveau des gauches reste très faible par rapport aux droites. Enfin, comme d’habitude, même si il est un peu plus bas cette fois, Le Pen bénéficie d’un vote « caché » encore important.
Si tous ces constats, ces analyses se vérifiaient, on assistera donc à un duel Sarko-Ségo comme prévu et Le Pen restera le troisième homme. Sauf que nous savons que cela ne se passe jamais comme prévu… D.A.
11:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, medias, sondages, Sarkozy, Royal, élections, présidentielles
26.02.2007
"Oscar" Martin Scorsese
La nuit dernière, Martin Scorsese, immense réalisateur, a été enfin récompensé de l’Oscar du meilleur réalisateur, en même temps qu’il recevait celui du meilleur film. Mais on aurait préféré qu’il l’ait pour un autre film que Les Infiltrés…
D’abord, le divin Martin appartenait jusqu’à hier à une caste prestigieuse, celle des grands réalisateurs ignorés des Oscars, avec Orson Welles, Alfred Hitchcock et Stanley Kubrick. Aucun d’entre eux n’a jamais eu l’Oscar du meilleur réalisateur. Ensuite, sa carrière est pavée de grands films qui méritaient d’être récompensés par la brillante académie, qui manque quelquefois de discernement.
Pour Taxi Driver en 1976, il eut quatre nominations. Puis Raging Bull (1981) permit de couronner Bob de Niro comme meilleur acteur, mais Scorsese passa une nouvelle fois à travers. En 1990, Les Affranchis récolta six nominations à la bourse aux Oscars, avec un nouvel échec à la clé. C’est sans doute ce film, avec Raging Bull (que je trouve un peu trop stylisé et parfois long), qui méritait le plus la récompense pour Scorsese. Les années passant, les nominations tombèrent en rafale pour l’Italo-New Yorkais : dix nominations pour le picaresque Gangs of New York, avec ce magnifigue duel entre DiCaprio et Daniel Day-Lewis. Et enfin, onze nominations pour Aviator, toujours avec DiCaprio. Et toujours pas la statuette de meilleur réalisateur, l’Oscar des Oscars…
Pourquoi Les Infiltrés est-il un film qui mériterait moins que les autres Scorsese d’être récompensé ? D’abord il s’agit d’une reprise d’une totale fidélité d’un film hongkongais, Infernal Affairs. Ensuite, si la direction d’acteurs, avec un DiCaprio une nouvelle fois exceptionnel, mérite l’hommage, scénario et réalisation restent en dedans par rapport à mes favoris. Mais il est vrai qu’on ne peut s’empêcher d’être content pour Scorsese, même si cet Oscar remporté contre son vieil adversaire Clint Eastwood (en compétition avec Lettres d’Iwo Jima) ressemble un peu à une compensation. Mais donnez-moi votre avis. D.A.
19:29 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Film, cinéma, Oscars, Scorsese, DiCaprio, deNiro, les infiltrés
Que veulent les Français?
Bien sûr, si j’avais la recette parfaite je serais confortablement installé devant des candidats à l’élection avides de mes conseils… Mais l’une des rares constantes d’une élection présidentielle, que nous perdons trop souvent de vue, c’est l’aspiration au changement, l’envie d’alternance.
Ségolène Royal l’a bien compris, dès le début de sa campagne. Elle s’est engagé tout de suite dans la voie de l’alternance politique et comme l’explique Jacques Julliard dans Libération ce matin, en même temps dans la nécessaire rénovation du P.S.. Une entreprise jamais menée à bien depuis l’avènement de Mitterrand à la présidence et de Jospin à la tête du parti. Depuis, quelques réformettes, quelques courants, des tentatives de sédition vite réprimées (comme l’éphémère NPS de Peillon et Montebourg). Rien de plus. Et François Hollande a chaussé les bottes de Jospin en prenant la tête du parti, sans grande révolution au contraire.
Depuis maintenant près de trente ans, l’élection se gagne sur la voie du changement. Ce n’est pas suffisant bien sûr, Mitterrand l’incarnait mieux que personne en 1981, mais sur fond de clocher à la Séguéla, pour ne pas inquiéter le bon peuple. Chirac défendit la fameuse « fracture sociale » en 1995, pour contrer le socialisme sortant. Et bénéficia à plein de cette dynamique de changement, alors que le premier ministre en exercice Edouard Balladur, issu des rangs de la droite, avait été son choix personnel. 2002 fut sans doute une exception, d’abord parce que Jospin, archi-favori trois mois avant l’élection, dévissa ensuite en faisant une très mauvaise campagne. Chirac n’eut lui qu’à surfer sur le thème de l’insécurité qui porta quand même Le Pen a un inédit deuxième tour, l’extrême-droite ne sera pas demain à pareille fête.
Le quart d'heure warholien
Cette année plus que jamais, on sent une envie de changement forte, portée par les évolutions de la société, la montée de technologies permettant l’accès immédiat du plus grand nombre à tout types d’informations (les bonnes comme les mauvaises), ou le syndrome de la « télé-réalité » qui amène chaque individu à vouloir témoigner, parler, se montrer avant de se poser la question de la pertinence de son témoignage ou de sa présence. Warhol serait comblé tant son « quart d’heure de célébrité » pour tous s’est soudain multiplié à travers le monde. Les grandes questions sur les retraites, le chômage, la sécurité (un peu oubliée par les élites ces temps-ci) passent avant l’Europe et le rôle international de la France.
Alors comment se positionnent les différents candidats ? Ségolène Royal on l’a vu, incarnait le changement avant d’effectuer un virage sur son aile gauche. Depuis quelques jours et notamment son passage sur TF1, elle a laisser venir à elle les gros éléphants pour rassurer le parti et recommencer à incarner le changement en tapant plus fort sur Nicolas Sarkozy. Lui tente toujours d’offrir une image plus lisse, tout en séduisant l’électorat de droite traditionnel qui lui semble aujourd’hui acquis. Mais incarne-t-il le changement ? Il a du mal à se démarquer franchement de Jacques Chirac, comme il le fit au début de la campagne, pour ne pas froisser ses soutiens chiraquiens. Et parce qu’il attend avec impatience le message du chef de l’Etat à son intention. Son programme se veut certes réformateur, mais il est quand même le sortant, comme le martèlent maintenant les socialistes.
Quant à François Bayrou, « lou ravi » des sondages, le troisième homme en puissance, il commence à se faire débusquer par les autres candidats qui l’avaient relativement épargné jusqu’alors. Les socialistes dénoncent « e conservateur qui a toujours gouverné avec la droite » pour tenter de stopper l’hémorragie d’intentions de votes socialistes à son bénéfice. A droite, bien que plus discrètement, on rappelle maintenant avec fermeté que Bayrou fait bien partie de la famille…
Le candidat qui sera le plus identifié dans les prochaines semaines comme porteur du changement creusera un avantage majeur. D.A.
12:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Royal, Sarkozy, élections, présidentielles, Bayrou, Jospin
25.02.2007
Chroniques d'un week-end
Que retenir du week-end politique ? La prestation de Nicolas Sarkozy sur le plateau de M6, « 5 ans avec », émission dont l’un des seuls mérites est d’être en direct. Des questions sur les hobbies du ministre, ses objets personnels, avant un soi-disant reportage avec des « images étonnantes », ou une « enquête auprès de ses adversaires du conseil général des Hauts de Seine »… Qui font sourire Sarko, tellement ses adversaires là lui semblent quantité négligeable. Avant de confier en souriant, « je dis toujours la vérité »… Il faut vraiment être face à Estelle Denis pour oser proférer une telle bêtise, elle n’a d’ailleurs pas réagi.
Ou le meeting de Ségolène Royal au Grand-Quevilly, chez Laurent Fabius (je l’ai toujours soupçonné d’avoir choisi cette obscure commune pour son nom, elle se serait appelée le Petit Quevilly que jamais elle n’aurait vu passer Laurent Fabius). « J’ai maintenant la meilleure équipe possible » a dit Ségo. Ceux qui n’en font plus partie savent à quoi s’en tenir, quant aux autres, ils se disent qu’une fois de plus, tout est rentré dans l’ordre. La gauche reste la gauche, le PS fait campagne comme d’habitude et Jospin est encore là. Ou comment faire du neuf avec du vieux…
Ou encore le show de Le Pen à Lille, où il joue au gauchiste depuis qu’il a un nouveau « penseur » dans son équipe, l’improbable Alain Soral, auto-proclamé conscience de gauche passée à l’extrême droite.
On a eu moins de nouvelle de Bayrou ce week-end, mais comme il monte à 17% dans le sondage du Journal du Dimanche, il a du prendre de l’aspirine pour dégonfler sa tête… D.A.
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24.02.2007
Jospin, ou le retour du loser
Après l’avoir longtemps trouvé embarrassant et avoir tout fait pour s’en débarrasser, voilà que les socialistes veulent à nouveau voir figurer Lionel Jospin sur la photo de famille. Lui, le grand frère devenu paria, encombrant, presque pestiféré, après sa pathétique sortie au soir du 21 avril 2002.
Que penser de ce retour de l’ancien premier ministre de Jacques Chirac ? De l’ancien battu de 2002 ? C’est un peu comme rappeler sur la photo Fabius et Strauss-Kahn, cela fait mariage arrangé, coup monté, politique politicienne… On avait cru en Ségo montant au créneau contre les archaïsmes de son parti, miné par les conflits des éléphants, les rivalités entre les meilleurs élèves de la classe, Jospin, Fabius, DSK… A peine choisie par les militants, elle a voulu s’affranchir du P.S., pour aller au-devant des Français, grâce à ces fameuses réunions participatives, rien d’autres que des réunions de cellule rhabillées pour l’hiver…
C’est donc un constat d’échec pour Ségo, qui a fait toute sa première partie de campagne loin des éléphants, voir contre eux lors des primaires, en jurant qu’on ne l’y reprendrais plus. Un autre à avoir juré lui aussi, croix de bois, croix de fer, qu’il ne reviendrait plus en politique, c’était bien sûr Lionel de l’île de Ré, de retour dans le 18ème, où il revint milité au milieu de ses amis, un peu effrayés à l’idée qu’il veuille à nouveau donner son avis. Non seulement Jospin a donné son avis, mais en plus Ségo l’a personnellement appelé pour lui demander de revenir sur le devant de la campagne présidentielle, à ses côtés… Il a accepté ; pour la photo ou pour réellement s’impliquer, on verra plus tard.
L’autre qui doit encaisser sans broncher le retour de l’ex, c’est bien sûr « son ami » de vingt ans, François Hollande, qui lui doit en grande partie sa carrière au P.S. Quand Jospin chercha qui pouvait sans danger lui garder la boutique, il se tourna vers le chef organisateur, falot et sans charisme, le bon François. Qui lui garda tellement bien le parti, qu’il le garda pour lui.
Les difficultés dans la campagne, quelques erreurs de casting et de communication, ont permis à François Hollande, justement, de reprendre la main, pour densifier l’équipe. Et l’ont aussi contraint à reprendre l’ex… Et Ségo dans tout ça ?
On se souvient d’Aimé Jacquet à la coupe du monde 1998 demandant au jeune Robert Pirès « muscle ton jeu ! ». Et bien là, c’est ce que demandent les socialistes à Ségo en lui imposant une « dream team », malheureusement pour elle, un peu dépassée par l’époque…Elle a annoncé la recomposition d'une nouvelle équipe de 39 personnes autour d'elle, avec Jospin, Fabius et DSK, au premier rang... Et les femmes, annoncées à parité en début de campagne? Il n'en reste que neuf... D.A.
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23.02.2007
Les repérages hebdo de Monsieur X
Michel Magne- Mélodie en sous-sol / Un Singe en hiver
(Label Universal)
Pour cette nouvelle réédition vous pourrez savourez l’excellente musique des casseurs de Mélodie en sous-sol et aussi goûter aux chinoiseries d’un Singe en hiver. Grand compositeur des sixties et des seventies Michel Magne a débuté sa carrière dans la variété puis est ensuite passé à la musique de film. On lui doit notamment la série des Angélique, mais aussi Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Fantômas et les musiques des premiers films de Jean Yanne (Tout le monde il est beau, Moi y'en a vouloir des sous, Les Chinois à Paris). Que du top.
Grâce aux premières notes de Mélodie en sous-sol vous aussi vous serez Alain Delon (jeune) sirotant un long drink au Palm Beach, piloterez un spider Alfa Romeo, séduirez les jeunes danseuses du Palm… mais vous affronterez aussi le vieux Gabin bourru. Les cordes légères de Magne (Hymne à l’argent) accompagnent à la fin du film, les billets échappés du sac jeté dans un geste de désespoir dans la piscine par Delon, les liasses remontant doucement à la surface de l’eau pour conclure sur leur casse manqué. Désolé pour vous si vous n’aviez plus aucun souvenir de la fin du film, pourtant multi- diffusé ! Bienvenu au club des compagnes qui parlent trop et vous racontent la fin comme pour prouver leur supériorité féminine !
Un singe en hiver
Jamais musique n’aura mieux illustré les délires éthyliques de nos deux seigneurs de l’alcool dans un Singe en hiver.Gabin décrivant à Belmondo le fleuve et les jonques du Yang-Tsé-Kiang au beau milieu d’un bled de Basse-Normandie, il fallait la folie et le talent créatif de Magne pour nous faire épouser leurs rêves. Sans oublier les espagnolades de notre Belmondo : grâce à un subtil changement d’orchestration, on s’imagine aisément au beau milieu d’une corrida.
Nous ne remercirons jamais assez Stéphane Lerouge pour toutes ces rééditions de musiques de films. Non seulement il déniche les vieilles bandes-sons bien souvent oubliées ou abandonnées mais les restaurent, grâce à un vrai travail d’orfèvre. Il doit certainement user de ses charmes auprès des veuves de musiciens, des ayant droits et autres petits neveux, afin d’obtenir ces magnifiques trésors oubliés. Les deux partitions originales ont à l’origine brûlée dans l’incendie du château de Michel Magne, c’est donc grâce à une traque minutieuse que les copies ont été retrouvées et ont permis ce nouvel enregistrement.
Michel Magne était extravagant et aussi très avant-gardiste. Il initia en1969 le concept studio en installant une structure d'enregistrement professionnelle dans les combles de son château. Plusieurs groupes célèbres fréquentèrent son studio notamment les Rolling Stones. Malheureusement il finira par ce suicider le jour de son procès en 1984 suite aux problèmes juridiques nés de la cession du château d'Hérouville. Henri Verneuil se demandait à l’époque si Magne jouait sciemment les disjonctés ou si sa folie était naturelle. Un musicien ne doit-il pas posséder un grain de folie pour servir sa musique ?
Extrait : Hymne à l’argent (Mélodie en sous-sol)

Monsieur X –Illustrateur Sonore
13:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique, medias, bande originale, Cinéma, Film, culture
22.02.2007
La quadrature du centre
Autant de bons résultats seraient montés à la tête de plus d’un homme, politique ou businessman. Après une pelletée de sondages favorables -dont un rocambolesque le donnait vainqueur au deuxième tour, alors qu’il n’a pas la moindre chance d’y figurer pour l’instant- François Bayrou se sent poussé des ailes. Normal pour un démocrate-chrétien me direz-vous.
Mais attention, il ne faut plus lui accoler cette étiquette, puisque Bayrou centriste entreprenant, rêve de construire le fameux « grand parti » du centre dont rêvait déjà Giscard en son temps… On a vu ce qu’il en est advenu. Il rêve (ou calcule ?) de rallier à son panache Béarnais un Strauss-Kahn, parti à la pêche au Canada, ou bien encore un Borloo, dont le ralliement à Nicolas Sarkozy se négocie ces jours-ci.
Et voilà qu’on apprend dans une dépêche de Reuters que trente hauts fonctionnaires « socialistes », (tiens je croyais que les fonctionnaires étaient tenus à un devoir de réserve) se rallient à sa candidature. Sous le drôle de patronyme de Spartacus (esclave révolté contre Rome) ces déçus de Ségolène préfèrent une candidature de centre-droit en vue d’une éventuelle recomposition politique. Et bravo pour Bayrou se dit-on. Il ne lui manque plus que le ralliement du tout récent démissionnaire du secrétariat national du PS, le spécialiste es chiffrage Gérard Besson, pour que le tableau soit complet. D'un autre côté, celui qui ne rate pas une occasion de critiquer ses adversaires pour leurs pratiques politiciennes, s'empresse d'en faire preuve lui-même en suspendant André Santini de l'UDF pour cause de ralliement à Sarko...
On a donc du mal à croire en cette recomposition, qui sonne un peu comme un vœu pieux, ou plutôt comme une nouvelle manœuvre politicienne… En effet, quel député investi par le PS ou l’UMP, prendrait le risque de perdre son siège pour aller soutenir François Bayrou ? Et en admettant même, hypothèse aujourd’hui hautement improbable, que Bayrou arrive au deuxième tour, et résultat toujours improbable, qu’il gagne… Il devrait prononcer la dissolution de l’Assemblée pour tenter d’obtenir une majorité…introuvable. Et serait ainsi prisonnier d’accords politiciens dans la droite ligne de la cuisine parlementaire de la quatrième République. Ou de la politique italienne où Romano Prodi tente à nouveau un gouvernement de coalition... Très loin en tout cas, d’une nouvelle idée de faire de la politique… D.A.
17:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Medias, présidentielles, élections, Bayrou, Royal

